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Par où passe la vie Un jour, ou plutôt une nuit qu' il traversait la campagne et longeait la rivière en plein tulmulte, un bonhomme buta, perdit connaissance et tomba dans les eaux furieuses. Inconscient, absent, il fut balloté, porté par le courant, mais se réveilla le lendemain matin au lever du soleil levant, bien vivant, sur l'autre rive. Sans peur, sans se débattre, il s'était offert, obéissant, là où il aurait dû s'affoler, crier, s'agiter et périr. Ainsi va la vie. Le chat Un saint homme, trop malade pour aller se faire soigner, se recueillit et resta complètement concentré sans que bouge un seul de ses cheveux, de ses cils, de ses poils. Il sortit guéri de cette longue plongée. Comme on lui demandait qui lui avait enseigné une si parfaite immobilité : " Je l'ai apprise du chat qui guette une souris. Mais il arrivait à une concentration bien supérieure à celle que je n'ai fait qu' approcher. " La danse En apprenant que son unique ami, à l'autre bout du monde est en train de mourir au fond de son lit. Giorgio se ramasse le coeur, finit son travail de boulange et chante pour lui tout au long de la cuisson, jusqu' à la sortie du four de ses pains dorés. Puis il chausse ses plus souples, ses plus légers, ses plus fins souliers, met sa chemise blanche, et s'e va à la nuit encore noire sur la place vide jusqu' au grand chêne centenaire, et il danse, danse de toute son envie de vie. Peu à peu, une grande lumière l'encercle, une grande lumière inonde l'arbre. Puis il rentre épuisé et se jette tout habillé sur son lit. La sonnerie du téléphone le réveille. Il est midi. L'ami est guéri. L'ami l'appelle. Il a rêvé de lui qui chantait et dansait sous un grand chêne, en plein soleil. * Ces contes sont extraits du livre : Contes des sages qui guérissent de M. Faucher aux éditions Seuil.
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